‹ Fables de P. LachambeaudieChapitre 21 sur 354 · LES DEUX ORMEAUX · texte numérisé non relu

LES DEUX ORMEAUX

Sous un Ormeau grand et robuste Etait un jeune Ormeau, frêle et chétif arbuste. L'arbre géant lui dit : « J'ai su te protéger Contre l'assaut des vents et d'orages sans nombre;

Sous mes rameaux et sous mon ombre

Tu crois à l'abri du danger.

Je dois, par tant de soins et tant de bienfaisance, Avoir acquis des droits à ta reconnaissance...

— Ali! de votre feinte bonté

Osez-vous tirer vanité?

I » i L en pleurant l'Ormeau débile;

Vous fûtes un tuteur dévorant son pupille, Et vous avez de mes rameaux naissants Écarté du soleil les rayons caressants.

Vous avez absorbé ma sève; Vous m'avez étouffé sous vos traîtres abris,

Et chaque jour je dépéris, Tandis que vers les cieux votre tige s'élève : Je crains plus vos bienfaits que les vents destructeurs. »

Méfions-nous, amis, de certains protecteurs.

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