LES ROMAINS
Sur le théâtre, un soir, le meurtre cl l'adultère Se virenl assaillis de sifllets inhumains. Aussitôt les claqueurs, ces gens à fortes mains, Qui dans l'argot du lieu sont appelés Romains, D'officiels bravos ébranlent le parterre Pour sauver du naufrage et le drame et l'auteur. Maudits soient mille fois, s'écrie un spectateur, Ces romains soudoyés, claqueurs opiniâtres, Le tléau du. bon sens, la peste des théâtres! Jeter à la sottise un éloge menteur,
De la gloire et des arts c'est profaner le temple. Horde infâme, abdiquez un métier si honteux!... — Ma foi , de ce métier., lui répondit l'un d'eux, Toujours les courtisans nous ont donné l'exemple Chacun d'eux efluoul temps s'est imposé la loi D'obéir en aveugle aux caprices d'un roi, Et tout ventru qui broute à la liste civile, Tout vénal écrivain, tout ministre servile, Sont, je le proteste, aussi romains que moi... »