‹ Fables de P. LachambeaudieChapitre 275 sur 354 · LE PISSENLIT · texte numérisé non relu

LE PISSENLIT

L'n nom malsonnant ou vulgaire Au succès parfois est fatal :

Témoin la douce fleur qu'aux champs je vis naguère^

Et qui meurt dans l'oubli sur le terrain natal.

Au soleil éclatait sa jaune collerette, El je lui dis : Tendre fleurette, Je ne le vis jamais illustrer le crayon, Ni le savant pinceau de l'artiste en renom,

A cote de tes sœurs, la blanche pâquerette. L'anémone, l'iris, le sceau de Salomon , Et tant d'autres encor dont je tairai le nom. Jamais lu n'apparus dans un bouquet de fêle, >'i dans les vers brillants qu'enfante le poëte, Ni dans un vase étrusque, ornement de salon.

— Mes compagnes, répondit-elle,

Ont un nom qui les ennoblit; Moi, pauvrette, on m'appelle La fleur du Pùssenlit. »

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