‹ Fables de P. LachambeaudieChapitre 293 sur 354 · JALOUSIE · texte numérisé non relu

JALOUSIE

Madame, écoulez, je vous prie r tenter une épreuve, où par me faites jamais; ce ne serait Ce que, par passe-temps, j'ai fait à votre chien.

Pour tenter une épreuve, où par espièglerie, Ne me faites jamais; ce ne serait pas bien,

Hier, — vraiment, la chose était divertissante, El nous amusa tous jusqu'à l'hilarité, — Contrefaisant la \oix d'un caniche irrité. J'avais l'air de presser d'une main caressante Un chien problématique, on ne sait d'où venu.

Le votre, crédule, ingénu,

Se laissa prendre à l'apparence, Redoutant un rival qui serait de moitié Dans les os du repas et dans notre amitié. Par des gémissements s'exhalait sa souffrance, Son erreur nous fit rire... elle nous fit pitié. Pourtant, vous l'avez vu , la feinte était grossière.

Eh ! ne faites pas tant la fière :

L'n péril aussi vain peut vous troubler aussi,

Et vous faire pleurer une journée entière.

Le cœur humain est l'ait ainsi ,

Madame ; de la Jalousie , De son extravagance et de sa frénésie Cet animal nous donne un exemple éclatant. Devant une chimère il se tient haletant; Jamais de ses terreurs sa pauvre âme saisie Ne demande conseil aux probabilités; L'invraisemblance enfin, l'absurde, l'impossible, Pour lui ce sont au Lin I d'affreuses vérités. A de pareils tourments mon cœur est accessible. Quel remède à ce mal allez-vous proposer? Il faut me plaindre et m'exeuser.

Ma lame, en terminant, écoutez, je vous prie : Pour tenter une épreuve, ou par espièglerie. Ne me faites jamais, ce ne serait pas bien, Ce que, par passe-ten ps, je lis à votre chien.

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