‹ Fables de P. LachambeaudieChapitre 60 sur 354 · LA ROBE DE L'INNOCENCE · texte numérisé non relu

LA ROBE DE L'INNOCENCE

Ayant perdu sa Robe, on dit que l'Innocence En vain pour la chercher courut chez le Plaisir,

Chez la Fortune cl la Puissance :

Qui la lui rapporta.' — Ce fut le Repentir,

LE .MIKOIK DOUBLE.

Où va celte femme parée De beauté, de jeunes.se et de brillants atours.' File part pour un bal, élégante soirée, Où l'attendent les jeux, la danse, les amours.

Elle sortait, lorsqu'une Glace, Miroir à double face, S'ol'frant à ses regards, reproduit, traits pour traits,

Et sa parure et ses attraits, Et l'émail de ses dents et les lis de sa joue . Le panache onduleux où le zéphyr se joue, Le collier de rubis, la couronne de fleurs, Et la robe de soie aux riantes couleurs.

Mais, retournant la Glace, ô ciel! qu'aperçoit-elle?

Elle aperçoit, dérision cruelle!

Clins hérissés, longs poils, porcs béants, Etalage sans nom sur une tète énorme, Dents longues, nez affreux, bref, une masse informe. Un de ces types de géants

Que Gulliver trouva dans ses voyages...

Elle crie, clic pleure, et brisant le Miroir : « Tu ressembles, dit-elle, à certains personnages Qui, toujours recouverts d'un masque à deux visages, Disent oui, disent non, disent blanc, disent noir, Caressent le malin et déchirent le soir. »

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