‹ Fables de P. LachambeaudieChapitre 62 sur 354 · LA VERGE DE MOÏSE · texte numérisé non relu

LA VERGE DE MOÏSE

La baguette, docile aux ordres d'une fée,

Quand tu fuyais l'Egypte et l'esclavage.

Pour une simple femme est un simple fuseau;

Et nos fiers ennemis qui te glaçaient d'effroi.

Douce flûte de Pan, tendre lyre d'Orphée, i

Les flots de la mer Rouge, en s'ouvrant devant moi,

Vous ne seriez aux mains de l'enfant au berceau

A ton salut livrèrent un passage,

Que des cordes sans voix, qu'un stupide roseau.

A nos tyrans creusèrent un tombeau; Plus tard, cédant à ma puissance.

« Peuple, disait un jour -la Verge .le Moïse,

Le rocher du désert t'abreuva de son eau,

Si jamais tu parviens à la terre promise,

Et puis... i> On mit un frein à sa folle jactance,

De civiques lauriers ne couronne le front

En lui disant : « Faible roseau,

De Moïse ni d'Aaron ;

Du trône où lu t'assieds abandonne le laite :

L'cnrens et les lauriers sont dus à mes prodiges :

Des miracles nombreux qui font notre bonheur

J'ai confondu les vains prestiges

Ne revendique plus d'honneur;

Des magiciens de Pharaon ;

Tu n'es que l'instrument du ciel cl du prophète!... »

LE

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