LE CHIEN ET LE LION
Sous un sceptre de fer courbant les animaux,
Peut remplacer bientôt le cri île la souffrance,
Le Lion, roi cruel, les accablait de maux;
Et que le ciel, témoin de nos affreux tourments,
Comme les dieux païens il vivait d'hécatombes.
Vous réserve la foudre et de longs châtiments.
Chacun a ses tyrans : les cerfs et les colombes
Vous verrez dans vos nuits chaque pale victime
Dans l'air et dans les bois périssent tous les jours
Troubler votre sommeil et vous glacer d'horreur...
Sous l'ongle des lions , sous le bec des vautours.
Allons, quitte/, enfin le noir sentier du crime... «
Tous pleuraient sous le poids d'un pénible esclavage.
Le Lion, à ces mots, étrangla l'orateur.
Lorsqu'un Chien se dévoue, et, s'armant de courage,
Pour le salut commun gagne l'antre du roi.
Plus d'un noble avocat d'une cause sublime,
Voulant frapper son cœur d'un salutaire effroi,
Pour ses frères bravant la colère des rois,
c< Apprenez, lui dit-il, qu'un cri de délivrance
Gémit dans les cachots ou mourut sur la croix!