‹ Fables et œuvres diverses de J. LaFontaineChapitre 105 sur 287 · IX. Le Cerf se voyant dans l'eau · texte numérisé non relu

IX. Le Cerf se voyant dans l'eau

Dans le cristal d'une fontaine

Un cerf se mirant autrefois,

Louait la beauté de son bois,

Et ne pouvait qu'avecque peine

Souffrir ses jambes de fuseaux , Dont il voyait l'objet2 se perdre dans les eaux. Quelle proportion de mes pieds à ma tête !

i L'homme qui couche sur la paille, le paysan. Ce mot n'a plus cette signification.

* VAlt. Eh! dans les éditions modernes.

- L'image projetée devant lui • objectus. C'est un latinisme.

Disait-il en voyant leur ombre avec douleur : Des taillis les plus hauts mon front atteint le faîte; Mes pieds ne me font point d'honneur.

Tout en parlant de la sorte, Un limier le fait partir.

Il tâche à se garantir; Dans les forêts il s'emporte :

Son bois, dommageable ornement, L'arrêtant à chaque moment, Nuit à l'office (jne lui rendent Ses pieds, de qui ses jours dépendent.

Il se dédit alors, et maudit les présents

Que le ciel lui fait tous les ans.

Nous faisons cas du beau, nous méprisons l'utile;

Et le beau souvent nous détruit.

Ce cerf blâme ses pieds qui le rendent agile;

Il estime un bois qui lui nuit.

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