‹ Fables et œuvres diverses de J. LaFontaineChapitre 38 sur 287 · XIX. lie Lion et l'Ane chassant · texte numérisé non relu

XIX. lie Lion et l'Ane chassant

Le roi des animaux se mit un jour en tête

De giboyer : il célébrait sa fête.

Le gibier du lion, ce ne sont pas moineaux. Mais beaux et bons sangliers2, daims et cerfs bons et beaux.

Pour réussir dans cette affaire,

11 se servit du ministère

De Tàne à la voix de Stentor.

L'âne à messer lion fit office de cor.

Le lion le posta, le couvrit de ramée, Lui commanda de braire , assuré qu'à ce son Les moins intimidés fuiraient de leur maison. Leur troupe n'était pas encore accoutumée

A la tempête de sa voix ; L'air en retentissait d'un bruit épouvantable : La frayeur saisissait les hôtes de ces bois ; Tous fuyaient, tous tombaient au piège inévitable

* Vais. Fourches, dans les éditions de Didot et de Barbou ; mais c'est il tore : U première , comme la dernière édition donnée par la Fon'aine, îr.et ce mot au singulier*

1 Armés de bâtons.

2 Ce mot est ici de deux syllabes, selon l'usage le plus fréquent de ce temps.

Où les attendait le lion.

N'ai-je pas bien servi dans cette occasion ? Dit Tàne en se donnant tout l'honneur de la chasse Oui, reprit le iion, c'est bravement crié : Si je ne connaissais ta personne et ta race,

J'en serais moi-même effrayé.

L'âne, s'il eût osé, se fût mis en colère, Encor qu'on le raillât avec juste raison; Car qui pourrait souffrir un âne fanfaron ?

Ce n'est pas là leur caractère.

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