‹ Fables et poésies diversesChapitre 213 sur 257 · AU MAITRE D'UN JARDIN · texte numérisé non relu

AU MAITRE D'UN JARDIN

De ce chaume heureux possesseur, De bon cœur , hélas ! que j'envie Tes travaux , ta philosophie , Ta solitude et ton bonheur !

Pour prix des soins que tu leur donnes, Tes arbustes reconnaissants Et des printemps et des automnes Te prodiguent les doux présents.

O trop heureux qui peut connaître La jouissance de cueillir Le fruit que ses soins font mûrir, La fleur que ses soins ont fait naître!

44o POÉSIES MÊLÉES.

Toujours la terre envers nos bras S'est acquittée avec usure.

Qui veut s'éloigner des ingrats Se rapproche de la nature.

Ne craindre et ne désirer rien, Etre aimé de l'objet qu'on aime , C'est bien là le bonheur suprême; C'est le sort des dieux , c'est le tien.

Supposant dans un seul objet Tout ce que j'exigeais pour plaire , J'adorais un être parfait , Et le croyais imaginaire.

L'Amour, quand il m'offrit tes traits Voulut me prouver ma folie :

Mon fantôme et ses vains attraits Seraient tout au plus ta copie.

Daphné, j'ai bientôt reconnu Que l'impossible pouvait être :

POESIES MÊLÉES. 44i

Reprends ici ce qui t'est dû; Je te chantais sans te connaître.

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