‹ Fables et poésies diversesChapitre 232 sur 257 · BOUTADE · texte numérisé non relu

BOUTADE

Un froid métal règle tout en ce monde ; Métal abject que nous allons chercher Près des enfers, dans la mine profonde Où la nature a voulu le cacher.

En vils trésors ce gouffre inépuisable Est de nos maux la source intarissable; De lui sont nés tous les fléaux divers , Si répandus sur ce triste univers

Où l'or tient lieu de mérite et d'estime , Où, dieu des arts , il reçoit leurs tributs, Où , corrupteur des antiques vertus , Comme le prix il est le don du crime. C'est l'or qui , dans ce siècle financier , A mis un taux à l'honneur qui s'achète; De sa valeur dépouillant le laurier , C'est l'or qui paye et les vers du poète , Et l'art du peintre , et le sang du guerrier. Le fer vengeur dont s'arme la justice, A son aspect , incertain , émoussé , Moins fréquemment a châtié le vice, Que l'or , hélas ! ne l'a récompensé.

Sur quel état n'a-t-il pas d'influence ? Dans quels conseils n'a-t- il pas tout pouvoir Il gâte tout , le bonheur , l'innocence ; L'honneur , Thémis le pèse en sa balance ; Et l'amour même a des yeux pour le voir.

En lui envoyant desioses au mois de décembre.

Comme toi, je serais surpris De cueillir la rose pourprée

Dans ce triste mois où Borée Brise nos bosquets défleuris , Si ta beauté toujours nouvelle , Et rose de toute saison, N'avait obligé ma raison A croire la rose immortelle,

il ,

Le jour de sa naissance.

Sans savoir trop comme et pourquoi Je sortis de la nuit profonde , Et par pressentiment , je croi , En pleurant j'entrai dans ce monde.

Montrer dès lors autant d'humeur Prévint contre mon caractère.

Je devais être amant, auteur, Avais -je si grand tort, ma chère ?

Né sous le signe du verseau, Constellation taciturne, Mes yeux ont plus répandu d'eau Qu'il n'en a coulé de son urne.

Mais , fatale à plus d'un berger ,

49o PIÈGES DIVERSES.

Toi qui , l'objet de nos hommages ,

Devais fixer le plus léger

Et tourner la tête aux plus sages;

Qui , déjà fille du bonheur,

Nous le ramenais sur la terre,

Lorsque tu reçus la lumière

On te vit sourire à ta mère ,

« Qui dut tenfanter sans douleur.

Sur des fleurs fraîchement écloses ,

t Dans nos bosquets reverdissants ,

Tu parus avec le printemps

Au beau mois où naissent les roses.

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