LIVRE II. S
FABLE XL
LE MULOT a8 ET L ELEPHANT.
Un jour, tout en philosophant,
Tout en promenant ses pensées ,
Une bête des plus sensées...
Un homme ?,.. non , un éléphant , D'un mulot sous ses pieds rencontra la retraite.
La voûte ici n'était pas faite Pour porter un tel poids : comme on l'a deviné , Maître et maison , d'un pas , tout fut exterminé.
Et puis après que l'on prétende Que pour notre bien seul les grands penseurs sont nés. Bref, la petite bête échappait , si la grande Eût pu voir une fois jusqu'au bout de son nez. « Barbare , s'écriait , en sa douleur amère , « Du malheureux défunt l'inconsolable mère ,
« Le ciel punisse ton forfait !
« Hélas ! quel mal t'avait-il fait ,
« Mon pauvre enfant ? — Aucun , sans doute \
« Mais faut-il vous en prendre à moi ?
« Dit le rêve-creux , et pourquoi
« S'est-il rencontré sur ma route ? »
Monseigneur passe ; amis , rangeons-nous de côté. Sous ses pas , croyez-moi , bien fou qui se hasarde S'il ne vous fait du mal par volonté , Il vous en fera par mégarde.