‹ Fables et poésies diversesChapitre 67 sur 257 · LES BRACONNIERS ET LE LIEVRE · texte numérisé non relu

LES BRACONNIERS ET LE LIEVRE

Prétendons-nous au même office ;

Aspirons-nous au même objet,

Sous-lieutenance ou bénéfice ,

Trône ou fauteuil; en ce projet,

Mes bons amis , que Dieu nous serve !

Mais, comme entre nous tous il n'en peut servir qu'un,

D'un travers , dès long-temps commun ,

Qu'au moins sa bonté nous préserve ï Des vœux sont-ils des droits ? Non , camarade : hé bien ! Qu'au bonheur d'un rival notre raison pardonne. Nous a-t-il dépouillé , pour s'emparer d'un bien

Qui n'appartenait à personne ?

Deux braconniers chassaient le long d'un bois , Etrangers l'un à l'autre et pour gain et pour perte ; Mais bons amis : l'un d'eux était un vieux matois ; L'autre jeune, et parfois plus étourdi qu'alerte. Il voit passer un lièvre , et ses cris aussitôt D'ébruiter ce qu'il doit taire.

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