‹ Fables et poésies diversesChapitre 69 sur 257 · LE CARROSSE ET LA CHARRETTE · texte numérisé non relu

LE CARROSSE ET LA CHARRETTE

« Ma sœur , vois-tu là-bas , là-bas ,

« Vois-tu ce tourbillon s'élever sur la route!

« Comme il grossit! vers nous comme il vient à grands pas!

« Que nous annonce-t-il ? un carrosse sans doute.

« — Oui, mon frère, et celui d'un prince assurément.

« — Ah! dis plutôt du roi; car très distinctement « Je vois d'ici ses équipages , « Ses gardes-du-corps , ses courriers, « Ses postillons, ses écuyers, « Ses chiens, et même aussi ses pages. » Pendant que le frère et la sœur, Enfants plus hommes qu'on ne pense , Jugeaient ainsi sur l'apparence ,

Le poudreux tourbillon de plus en plus s'avance ,

Et permet à leurs yeux d'en percer l'épaisseur.

Produit par un cortège en sa course rapide,

Que cachait-il ? C'étaient, je ne puis le nier, C'étaient les ânes d'un meunier,

Qui galopaient autour de sa charrette vide.

Page 1