AU ROI DE ROME
L'oiseau-roi veut-il reconnaître S'il a transmis sa force au fruit de son amour ,
Si l'aiglon sera digne un jour
Du noble sang qui l'a fait naître ?
A l'heure où du soleil le front plus épuré
De splendeur inonde l'espace ,
Saisissant l'espoir de sa race, Il l'enlève , et lui fait contempler face à face Le prince étincelant du royaume azuré.
Sur cet éclat que rien n'efface , Si l'aiglon jette un regard assuré ;
Sans cligner même la paupière ,
S'il fixe un œil audacieux Sur l'immortel foyer d'où jaillit la lumière
Qui nous force à baisser les yeux ;
Exhalant l'orgueil qu'il respire , L'aigle annonce à la terre, au ciel, au monde entier,
i28 FABLES.
Qu'il a reconnu l'héritier
Et de la foudre et de l'empire.
Toi qu'aux vœux des Français l'amour vient de donner Qu'en ton berceau sa main se plaît à couronner , Je te présage un règne aussi grand que prospère , Si , tout en l'admirant , tu peux , sans t'étonner , Entendre ou lire un jour l'histoire de ton père.
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