LES BROCHETS
Quelques brochets jetés dans nos étangs
N'y sont pas tout-à-fait nuisibles.
Craints des poissons de tous les rangs,
Mais au fretin lui seul terribles, S'ils vivent des petits , ils font vivre les grands. Des avortons, sans cesse, engloutissant la tourbe, Ils accroissent d'autant la part des gros mangeurs;
Et de plus à ces bons nageurs Ne laissent pas le temps de croupir dans la bourbe.
Il faut dire la vérité :
La critique est utile , et sa sévérité
Dont notre apologue est l'emblème, Peut avoir au Parnasse un salutaire effet ; Mais encor, pour cela, faut-il que le brochet
Ne soit pas du fretin lui-même.
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LIVHE V. ,53
FABLE VIL