‹ Fables et poésiesChapitre 11 sur 355 · LE ROI ET LE PEUPLE · texte numérisé non relu

LE ROI ET LE PEUPLE

In peuple gémissait , accablé de détresse. Le prince, ayant appris ces revers affligeants. Résout de visiter ses sujets indigents, Pour mettre un terme au mal qui les oppresse .

Et pour doter sa patrie aux abois De plus riches travaux et de plus sages lois.

Quoiqu'il voulût, en homme sage , Surprendre incognito le malheur sur les lieux ,

Ses courtisans officieux , Aux champs, dans les cités, annoncent son passage ,

Et les plus pauvres aussitôt , A l'envi simulant une gaité parfaite , Pour la première fois mettei^t la poule au pot , Remplacent leur pain noir par des gâteaux de fête. Sous leurs plus frais haillons cachent leur nudité. I^e prince croit réelle une fausse richesse;

Il prend pour du bonheur celle feinte allégresse , SI bien qu'en son palais il retourne , enchanté

D'avoir, au lieu de la tristesse , Vu partout tant de joie et de félicité.

Voilà comme les rois savent la vérité : Courtisans de malheur, engeance diabolique, Quand un roi, par hasard, veut faire son devoir, Ne couvrez pas de fleurs l'infortune publique , Afin qu'il ne puisse la voir î

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