‹ Fables et poésiesChapitre 126 sur 355 · LA TRUFFE ET LA POMME DE TERRE · texte numérisé non relu

LA TRUFFE ET LA POMME DE TERRE

A la pomme de terre on voulait marier La truffe; mais craignant de se mésallier,

Celle-ci, d'une voix altlère.

S'écria : « Moi, m'associer

A cette vile roturière !

Moi , qui règne aux festins du riche et du gourmet , Avoir pour compagnon cet être sans noblesse.

FABLES. i'Z

Lnir son goût maussade à mon divin fumet ! Ali ! ce manque d'égards me confond et me blesse. Allez aux champs, ma mie, allez aux carrefours Nourrir le peuple, vos amours... »

La parmentière Alors reprit :

« II ne te convient pas d'être avec moi si fière , Car nous sommes deux sœurs qu'un même sol nourrit. Oui , j'en fais vanité si tu m'en fais un crime , Celui que la misère opprime A moi jamais vainement n'eut recours.

Je pourrais, te rendant offense pour offense,

Te reprocher les vilains tours Qu'à plus d'un estomac, qu'à mainte conscience... Mais chut ! tu me comprends.

Et plus que toi je serai charitable.

Tu méprises le pauvre et recherches les grands... Je suis utile à tous : n'est-ce pas préférable ? »

\7i LIVRE VII.

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