LES ENFANTS ET LE PAPILLON
Aux mains des écliansons rendons nos coupes d'or : Dans l'ivresse toujours notre raison s'endort ! Jeunesse qui poursuis une beauté frivole , En froissant sa couronne, auréole de fleurs,
Arc-en-ciel aux mille couleurs, Tu sens sous les plaisirs ton bonheur qui s'envole !...
Un jour, le papillon , ce fils de l'Orient , Sur ses ailes de moire étalait, en fuyant,
Une vivante mosaïque, Hiéroglyphes d'or, alphabet fantastique
Que Dieu seul épèle à son gré ; Et puis on le voyait, le papillon volage. Effeuillant chaque rose éclose à son passage , Caressant chaque fleur qu'il trouvait dans un pré. Des enfants, accourus vers l'insecte qui brille , Le saisissent enfin, de sueur tout trempés. Et puis son aile tombe, et les enfants trompés Ne pressent sous leurs doigts qu'une informe chenille.
FABLES. i"
xin