‹ Fables et poésiesChapitre 145 sur 355 · LA POMME ET L'ÉCOLIER · texte numérisé non relu

LA POMME ET L'ÉCOLIER

« Admirez-moi , disait la pomme ;

C'est moi qui pour le premier homme Fus le fruit de science et du bien et du mal , Et c'est moi que Paris , choisissant la plus belle , A Vénus adjugea : deux fois gloire immortelle !

— Fruit de discorde , fruit fatal , Deux fois honte et malheur à toi , pomme trop vainc ; Lui dit un écolier jouant dans le jardin. Par toi l'homme perdit l'innocence et TÉden , Et de tous ses malheurs subit la lourde chaîne ;

Contre la ville des Troyens De Pallas, de Junon lu suscitas la haine. . Pour t'exalter ainsi quels titres sont les tiens? Des larmes et du sang, Pergame consumée . L'Éden perdu... Ma l)elle, en vérité , Je préfère l'obscurité A la funeste renommée. »

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