‹ Fables et poésiesChapitre 168 sur 355 · LE RAT ET LES MOISSONNEURS · texte numérisé non relu

LE RAT ET LES MOISSONNEURS

Les blés étaient couchés sur Taire,

Et les fléaux

A coups égaux

Battaient, battaient. Un rat, sortant de dessous terre,

Voit s'approcher sans crainte et moineaux et fourmis.

« Mon père avait bien tort de représenter Thomme

Comme Un de nos cruels ennemis.

Vraiment, c'est pour nous qu'il travaille; Voyez : pour épargner tout soin, tout embarras

Aux rats, 11 sépare, en suant, le froment de la paille. Merci, bons villageois; pour la froide saison, Je vais de votre offrande enrichir ma maison. » Disant ces mots, quelle imprudence !

11 trotte vers les grains tombés en abondance.

Mais un villageois, par mallieur,

Le voit, lève son fléau, frappe,

Et coupe la queue au voleur, Qui tout sanglant, tout mutilé s'échappe, Par son expérience averti désormais Qu'un père en ses conseils ne nous trompe jamais.

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