‹ Fables et poésiesChapitre 200 sur 355 · LA CRUCHE ET LE COURTISAN · texte numérisé non relu

LA CRUCHE ET LE COURTISAN

Une cruche au bord d'un ruisseau Se courbait pour puiser de l'eau.

Un passant qui la vit se mit à rire d'elle.

Or, le roi se présente, avec sa cour fidèle.

Sur un char d'écarlate et d'or tout reluisant. Notre homme était un courtisan;

Il attend le monarque, et, pour prouver son zèle.

Il va se prosterner aux pieds du souverain.

Le cortège s'éloigne, et le vase, soudain, Dit au rieur que l'ivresse transporte :

« Notre intérêt nous fit agir de même sorte :

Je me baissais pour boire et m'emplir jusqu'au bord.

Et vous, pour obtenir des faveurs et de l'or. »

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