‹ Fables et poésiesChapitre 223 sur 355 · LE FERMIER ET LES ANES · texte numérisé non relu

LE FERMIER ET LES ANES

Un Termier fournissait des pommes à Paris :

Grand trouble aux champs ; qui portera ces fruits ? Belle demande ! Ëh ! ce seront les ânes ! On le sait bien, les baudets, en tous lieux, Sont des souffre-douleurs, et tout roule sur eux. On voit donc nos roussins partir en caravanes, , Portant de quoi dîner tant aux manants qu'aux rois, Et tant aux nobles qu'aux bourgeois.

Premièrement la charge fut petite ; Aussi les messagers n'en allaient que plus vite. On mit sur le tapis un système nouveau :

A bonne échine bon fardeau !

En augmentant la charge on crut faire merveille. Les malheureux, baissant l'oreille, Donnent au diable et pommes et gourmands : Mais ce n'était qu'entre leurs dents ;

11 faat soufTrir et ne rien dire.

A leur retour, ce fut bien pire ; Le fermier, en homme de poids.

Voulut faire doubler la charge cette fois : On obéit; les gens si fort doublèrent.

Qu'enfin les ânes succombèrent.

Peut-être un esprit plébéien Pour les impôts prendra les pommes.

Croira que les baudets représentent les hommes. Que le fermier du trône est le soutien.... Ah î gardez-vous d'une telle méprise :

Les ministres chinois feraient bien la sottise. Mais les nôtres sont gens de bien.

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