LE FERMIER ET LES ANES
Un Termier fournissait des pommes à Paris :
Grand trouble aux champs ; qui portera ces fruits ? Belle demande ! Ëh ! ce seront les ânes ! On le sait bien, les baudets, en tous lieux, Sont des souffre-douleurs, et tout roule sur eux. On voit donc nos roussins partir en caravanes, , Portant de quoi dîner tant aux manants qu'aux rois, Et tant aux nobles qu'aux bourgeois.
Premièrement la charge fut petite ; Aussi les messagers n'en allaient que plus vite. On mit sur le tapis un système nouveau :
A bonne échine bon fardeau !
En augmentant la charge on crut faire merveille. Les malheureux, baissant l'oreille, Donnent au diable et pommes et gourmands : Mais ce n'était qu'entre leurs dents ;
11 faat soufTrir et ne rien dire.
A leur retour, ce fut bien pire ; Le fermier, en homme de poids.
Voulut faire doubler la charge cette fois : On obéit; les gens si fort doublèrent.
Qu'enfin les ânes succombèrent.
Peut-être un esprit plébéien Pour les impôts prendra les pommes.
Croira que les baudets représentent les hommes. Que le fermier du trône est le soutien.... Ah î gardez-vous d'une telle méprise :
Les ministres chinois feraient bien la sottise. Mais les nôtres sont gens de bien.