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LE VIN BLANC ET LE VIN ROUGE

Souvent les modérés, ce sont les furieux.

Mûri sur les coteaux qui longent la Dordognc, Le vin blanc, d'un ton doucereux, Ainsi parle au rouge bourgogne :

« Mon frère, la vive couleur A toute âme bien née inspire la terreur. Quand tu verses la lave au peuple, dans l'orgie, C'est du sang qui s'attache à la nappe rougie.

De ta pourpre dépouille-toi ; Deviens doux, incolore, innocent, comme moi... » Le bourgogne répond c : Ma flamme purpurine. En donnant la santé, chasse l'humeur chagrine. Ta blancheur n'est pas, certe, exempte de danger : A ta feinte douceur malheureux qui se fie !

Elle irrite les nerfs jusques à la folie

Insulte à ma couleur, je n'en veux pas changer. »

Amis, tenons-nous à distance De ces tempéraments fades et bilieux

Qui sont tout miel, tout sucre en apparence.

Calme trompeur, dehors insidieux

Souvent les modérés, ce sont les furieux.

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