LE MIROIR DOUBLE
Où va cette femme parée De beauté, de jeunesse et de brillants atours ? Elle part pour un bal, élégante soirée, Où l'attendent les jeux, la danse, les amours.
Elle sortait, lorsqu'une glace, Miroir à double foce, S'ofTrant à ses regards, reproduit, traits pour traits,
Et sa parure et ses attraits.
Et rémail de ses dents et les lis de sa joue, Le panache onduleux où le zépbyr se joue. Le collier de rubis, la couronne de fleurs, Et la robe de soie aux riantes couleurs. Mais retournant la glace, ô eielt qu'aperçoit-ellc ? Elle aperçoit, dérision cruelle !
Crins hérissés, longs poils, pores béants, Étalage sans nom sur une tête énorme,
Dents longues, nez affreux, bref, une niasse informe, Un de ces types de géants Que Gulliver trouva dans ses voyages...
Elle crie, elle pleure, et brisant le miroir : « Tu ressembles, dit-elle, à certains personnages Qui, toujours recouverts d'un masque à deux visages, Disent oui, disent non, disent blanc, disent noir, Caressent le matin et déchirent le soir. »