‹ Fables et poésiesChapitre 6 sur 355 · LA VIGNE ET L'ORMEAU · texte numérisé non relu

LA VIGNE ET L'ORMEAU

« Laissez-moi m'altacher à votre tronc robuste , Disait un jour la vigne à l'ormeau son voisin. Sans vous, adieu ma tige, adieu mon doux raisin !

Je ne suis qu'un fragile arbuste Que les bœufs fouleront sous leurs sabots pesants , Et que viendra brouter quelque animal vorace. Ormeau , pour que je vive , accueillez-moi , de grâce ,

Et vous me verrez , tous les ans , De mes pampres fleuris vous faire une couronne ,

Et puis le vent de chaque automne Faisant sur vos rameaux flotter mon fruit vermeil ,

Vous serez Tormeau sans pareil... »

L'arbre plein de bonté reçut la jeune plante , Qui longtemps vit éclore une moisson brillante , Et grandit, vigoureuse, autour de son appui. Quand de nombreux hivers eurent fondu sur lui.

Les aquilons, riant de sa faiblesse Contre son front ridé vinrent en menaçant :

Mais l'arbuste reconnaissant Fut pour l'ormeau débile un bâton de Vieillesse,

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