‹ Fables et poésiesChapitre 65 sur 355 · L'ONCE ET LES POIDS · texte numérisé non relu

L'ONCE ET LES POIDS

Un Jour, un épicier pesant de la chandelle.

Ou du sucre, ou du poivre, ou bien de la cannelle^

En vain , pour faire contre-poids , Avait dans le plateau mis déjà tous les poids. Rien n'y faisait, ni quart, ni livre, ni demie. « Maître, dit l'once, eh quoi! vous ne voyez pas 1 Je puis, cela s'est vu, vous tirer d'embarras. » Les autres aussitôt de s'écrier : « Ma mie , Quelle prétention î mais tu n'es bonne à rien. »

L'épicier, plus jusle et plus sage , La mit dans la balance, et tout alla fort bien.

Il n'est pas , croyez-moi , de mince personnage , D'être si malheureux et si déshérité, Qui n'apporte en naissant sa part d'utilité.

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