LA ROSE NATURELLE ET LES ROSES ARTIFICIELLES
De la fleuriste, un jour, franchissant l'atelier, Des roses de satin , de soie et de pa|)ler, Roses que le soleil n'avait pas fait éclore , Dans un vase étalaient leur éclat inodore. \]nc rose des champs auprès d'elles brillait , lliche de ses parfums cl fille de l'aurore :
Aussi pour l'admirer tout le monde accourait. S'attribuant l'honneur qu'on rend à leur compa^^ne , Les autres se gonflaient d'orgueil et de mépris , Et lui dirent enfin : « Retourne à la campagne ! Paysanne, oses-tu nous disputer le prix? C'est de nous, non de toi, que chacun est épris! » Elle ne souITla mot, la rose naturelle;
Mais quelqu'un répondit pour elle :
« Folles , il vous sied mal d'affecter ce dédain. Sur vous de cette fleur rejaillit le mérite ; Si loin d'ici brillait celle qui vous irrite.
On vous délaisserait soudain, y»
Ce trait de Cendrillon nous rappelle Thisloin^ : C'est encore une fois la vertu, la beauté De ses indignes sœurs essuyant la fierté . Et les ennoblissant du reflet de sa gloire.