‹ Fables. IllustréesChapitre 122 sur 166 · LENFOUISSEUR ET SON COMPERE · texte numérisé non relu

LENFOUISSEUR ET SON COMPERE

Un pincemaille avait tant amassé Qu'il ne savait où loger sa finance.

L avarice, compagne et sœur de I ignorance,

Le rendait fort embarrassé

Dans le choix d'un dépositaire ; Car il en voulait un, et voici sa raison : L'objet tente ; il faudra que ce monceau s'altère.

Si je le laisse a la maison :

Moi-même de mon bien je serai le larron. — Le larron ? Quoi ! jouir, c'est se voler soi-même ? Mon ami, j'ai piti^ de ton erreur extrême.

Ajifirends de moi cette leçon :

Le ! len n est h:cn qu en tant que Ion s'en peut défaire ; Sans cela c est un mal. Veux-tu le reserver Pour un âge et des temps qui n'en ont plus que faire f La 1 eme d acquérir, le soin de conserver, Otent le prix a l'or, qu'on croit si nécessaire. —

Pour se décharger d'un tel soin.

Notre homme eut pu trouver des gens surs au besoin Il aima mieux la terre ; et, prenant son compère. Celui-ci l'aide. Ils vont enfouir le trésor. Au bout de quelque temps 1 homme va voir son or,

ne retrouva que le gite.

Soup(;onnant a bon droit le compère, il va vite Lui dire : Apprétez-vous ; car il me reste encor Quelques deniers : je veux les joindre à l'autre masse. Le compère aussitôt va remettre en sa place

L'argent volé ; prétendant bien Tout reprendre à la fois, sans qu'il y manquât rien.

Mais, pour ce coup, l'autre fut sage : Il retint tout chez lui, résolu de jouir,

Plus n'entasser, plus n'enfouir ; Et le pauvre voleur, ne trouvant plus son gage.

Pensa tomber de sa hauteur.

Il n'est pas malaisé de tromper un trompeur.

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Lir^E Dixième

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