‹ Fables. IllustréesChapitre 2 sur 166 · LE CORBEAU ET LE RENARD · texte numérisé non relu

LE CORBEAU ET LE RENARD

Mailre corbeau, sur un arbre perché,

Tenait en son bec un fromage.

Mailre renard, par l'odeur alléché, Lui tint à peu près ce langage :

Hé ! bonjour monsieur du corbeau !

Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage.

Vous êtes le phénix des hôtes de ces bois. A ces mots le corbeau ne se sent pas de joie ;

Et. pour montrer sa belle voix.

Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le renard s'en saisit, et dit : Mon bon monsieur, Apprenez que tout flatteur Vil aux dépens de celui qui l'écoute : Cette leçon vaut bien un fromage, sans doute.

Le corbeau, honteux et confus, Jura, mais un peu tard, qu'on ne l'y prendrait plus.

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Deux mulets cheminaient, l'un d'avome chargé.

L'autre portant l'argent de la gabelle.

Celui-ci, glorieux d'une charge si belle. N'eut voulu pour beaucoup en être soulagé.

Il marchait d'un pas relevé.

Et faisait sonner sa sonnette ;

Quand l'ennemi se présentant.

Comme il en voulait à l'argent.

Sur le mulet du fisc une troupe se jette,

Le saisit au frein et l'arrête.

Le iiiulet, en se défendant.

Se sent percer de coups ; il gémit, il soupire. Est-ce donc là, dit-il, ce qu'on m'avait promis ? Ce mulet qui me suit du danger se retire.

Et moi, j'y tombe et je péris !

Ami, lui dit son camarade.

Il n'est pas toujours bon d'avoir un haut emploi Si tu n'avais servi qu'un meunier, comme moi.

Tu ne serais pas si malade.

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