‹ Fables. IllustréesChapitre 35 sur 166 · LIVROGNE ET SA FEMME · texte numérisé non relu

LIVROGNE ET SA FEMME

Chacun a son défaut, ou toujours il revient :

Honte ni peur n'y remédie.

Sur ce propos d'un conte il me souvient :

Je ne dis rien que je n'appuie De quelque exemple. Un suppôt de Bacchus Altérait sa santé, son esprit, et sa bourse : Telles gens n'ont pas fait la moitié de leur course

Qu ils sont au bout de leurs ecus. Un jour que celui-ci, plein de jus de la treille, Avait laissé ses sens au fond d'une bouteille. Sa femme l'enferma dans un certain tombeau.

La, les vapeurs du vin nouveau Cuvèrent a loisir. A son réveil il treuve L attirail de la mort a l'entour de son corps.

Un luminaire, un drap des morts.

Oh ! dit-il, qu est ceci ? Ma femme est-elle veuve '^ Là-dessus, son épouse, en habit d'Alecton, Masquée, et de sa voix contrefaisant le ton. Vient au prétendu mort, approche de sa biere. Lui présente un chaudeau propre pour Lucifer. L'époux alors ne doute en aucune manière

Qu'il ne soit citoyen d'enfer.

Quelle personne es-tu ? dit-il a ce fantôme.

La cellenère du royaume De Satan, reprit-elle ; et je porte à manger

A ceux qu enclôt la tombe noire.

Le mari repart, sans songer :

Tu ne leur portes point a boire ?

F.^B/.E'? DE Ll FoyT.^lME

L/rT^fc TnOîSlEME

Page 1