LE CHAT, LA BELETTE ET LE PETIT LAPIN
Du palais d un jeune lapin
Dame belette, un beau matin,
S'empara : c'est une rusée.
Le maitre étant absent, ce lui fut chose aiscc. Elle porta chez lui ses pénates un jour Qu'il était aile faire a l'aurore sa cour
Parmi le thym et la rosée.
Après qu'il eut brouté, trotté, fait tous ses tours, Jeannot lapin retourne aux souterrains séjours. La belette avait mis le nez à la fenêtre. O dieux hospitaliers ! que vois-je ici paraître ? Dit l'animal chassé du paternel logis.
Holà ! madame la belette.
Que l'on déloge sans trompette.
Ou je vais avertir tous les rats du pays. La dame au nez pointu répondit que la terre
Etait au premier occupant.
C'était un beau sujet de guerre.
Qu'un logis où lui-même il n'entrait qu'en rampant !
Va quand ce serait un royaume, Je voudrais bien savoir, dit-elle, quelle loi
En a pour toujours fait l'octroi A Jean, fils ou neveu de Pierre ou de Guillaume,
Plutôt qu'a Paul, plutôt qu'a moi.
Jean lapin allégua la coutume et l'usage : Ce sont, dit-il, leurs lois qui m'ont de ce logis Rendu maitre et seigneur, et qui, de père en fils. L'ont de Pierre a Simon, puis à moi Jean, transmis. Le premier occupant, est-ce une loi plus sage ?
Or bien, sans crier davantage.