‹ Fables. IllustréesChapitre 97 sur 166 · Livre Hvttième · texte numérisé non relu

Livre Hvttième

Certain ours montagnard, ours a demi léché, Confiné par le Sort dans un bois solitaire. Nouveau Bellérophon, vivait seul et caché. Il fut devenu fou : la raison d ordinaire N'habite pas longtemps chez des gens séquestrés. Il est bon de parler et meilleur de se taire ; Mais tous deux sont mauvais alors qu'ils sont outrés.

Nul animal n'avait affaire

Dans les lieux que l'ours habitait ;

Si bien que, tout ours qu'il était, Il vint à s'ennuyer de cette triste vie. Pendant qu'il se livrait à la mélancolie,

Non loin de là certain vieillard

S'ennuyait aussi de sa part.

Il aimait les jardins, était prêtre de Flore,

Il l'était de Pomone encore.

Ces deux emplois sont beaux ; mais je voudrais parmi

Quelque doux et discret ami.

Les jardins parlent peu, si ce n'est dans mon livre :

De façon que, lassé de vivre Avec des gens muets, notre homme, un beau matin. Va chercher compagnie et se met en campagne.

L'ours, porté d'un même dessein.

Venait de quitter sa montagne.

Tous deux, par un cas surprenant.

Se rencontrent en un tournant.

L'homme eut peur : mais comment esquiver ? et que faire ? Se tirer en Gascon d'une semblable affaire Elst le mieux : il sut donc dissimuler sa peur.

L'ours, très mauvais complimenteur.

Lui dit : Viens-t'en me voir. L'autre reprit : Seigneur, Vous voyez mon logis ; si vous me vouliez faire Tant d'honneur que d'y prendre un chjimpétre repas, J'ai des fruits, j'ai du lait : ce n'est peut-être pas

Tables de La fowfAmE

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