‹ Fables (volume 2)Chapitre 129 sur 193 · LIVRE XI · texte numérisé non relu

LIVRE XI

Nous laissons nos chères compagnes:

Nous ne conversons plus qu'avec des ours affreux, Découragés de mettre an jour des malheureux, Kt de peupler pour Rome un pavs qu'elle opprime.

Quant à nos enfants déjà nés, Nous souhaitons de voir leurs jours hieutôt bornés : Vos préteurs au malheur nous font joindre le crime. Retirez-les : ils ne nous apprendront

Que la mollesse et que le vice ;

Les Germains comme eux deviendront

Gens de rapine et d'avarice.

C'est tout ce que j'ai vu dans Rome à mon abord.

N'a-t-on point de présent à faire.

Point de pourpre à donner, c'est en vain qu'on espère Quelque refuge aux lois : encor leur ministère A-t-il mille longueurs. Ce discours un peu fort

Doit commencer à vous déplaire.

Je finis. Punissez de mort

Une plainte un peu trop sincère.

A ces mots, il se couche ; et chacun étonné Admire le grand cœur, le bon sens, l'éloquence

Du sauvage ainsi prosterné.

On le créa patrice1 ; et ce fut la vengeance Qu'on crut qu'un tel discours méritoit. On choisit

1 C'est-à-dire on le fît noble ou patricien ; car la dignité de patrice est postérieure à Marc-Aurèle, et fut créée par Constantin. Mais on trouve dans Suétone le mot patritiaUis. (W.)

•><) i FABLES.

D'autres préteurs; et par écrit Le st'iiat demanda ce qu'avoit dit cet homme, Pour servir de modèle aux parleurs à venir.

On ne sut pas longtemps à Home

(Jette éloquence entretenir.

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FABLE VIII

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