‹ Fables (volume 2)Chapitre 17 sur 193 · LE COCHE ET LA MOUCHE · texte numérisé non relu

LE COCHE ET LA MOUCHE

Dans un chemin montant, sablonneux, malaisé, Et de tous les cotés au soleil exposé ,

Six forts chevaux tiroient un coche.

Femmes, moines, vieillards, tout étoit descendu : L'attelage suoit, souffloit, étoit rendu. Une mouche survient, et des chevaux s'approche, Prétend les animer par son bourdonnement, Piqiie l'un, pique l'autre, et pense à tout moment

Qu'elle fait aller la machine, S'assied sur le timon, sur le nez du cocher.

Aussitôt cme le char chemine,

Et qu'elle voit les gens marcher, Elle s'en attribué uniquement la gloire, Va, \icnt, fait L'empressée : il semble que ce soit L'a sergent Je bataille allant en chaque endroit Faire avancer les gens et hâter la victoire.

La mouche, en ce commun besoin, Se plaint qu'elle agit seule, et qu'elle a tout le soin ; Qu'aucun n'aide aux chevaux à se tirer d'affaire.

Le moine disoit son bréviaire :

Il preuoit bien sou temps! une femme chautoit : C'étoit bien de chansons qu'alors il s'agissoit ! Dame mouche s'en va chanter à leurs oreilles,

Et fait cent sottises pareilles.

Après bien du travail, le coche arrive au haut. Respirons maintenant ! dit la mouche aussitôt : J ai tant fait que nos gens sont enfin dans la plaine. Ça, messieurs les chevaux, pavez-moi de ma peine.

Ainsi certaines gens, faisant les empressés,

S'introduisent dans les affaires :

Ils font partout les nécessaires, Et, partout importuns, devraient être chassés.

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