‹ Fables (volume 2)Chapitre 4 sur 193 · LES ANIMAUX MALADES DE LA PESTE · texte numérisé non relu

LES ANIMAUX MALADES DE LA PESTE

L'u mal qui répaud la terreur ,

Mal que le ciel eu sa fureur Iuveuta pour puuir les crimes de la terre , La peste (puisqu'il faut l'appeler par son nom i , Capable d'enrichir en un jour l'Achéron,

Faisoit aux animaux la guerre.

Ils ue mouroieut pas tous, mais tous étoieut frappés

Ou n'en voyoit point d'occupés A chercher le soutien d'uue mourante vie ;

Nul mets n'excitoit leur envie ;

Ni loups ni reuards n'épioieut

r, FABLES.

La douce et l'innocente proie ;

Les tourterelles se fuyoient :

Plus d'amour, parlant pins de joie.

Le liou tint conseil, et dit : Mes chers amis ,

Je crois que le ciel a permis

Pour uos pêches celte infortune.

Que le plus coupable de nous Se sacrifie aux traits du céleste courroux : Peut-être il ohtieudra la guérison commune. L'histoire nous apprend qu'eu de tels accidents

On fait de pareils dévouements.

Ne nous flattons doue point ; voyons sans indulgence

L'état de notre conscience.

Pour moi, satisfaisant mes appétits gloutons,

J'ai dévoré force moutons.

Que m'avoieut-ils fait? nulle offense ; Même il m'est arrivé quelquefois de manger

Le berger.

Je me dévouerai donc, s'il le faut : mais je pense Qu'il est hou que chacun s'accuse ainsi que moi ; Car on doit souhaiter, selon toute justice,

Que le plus coupable périsse.

Sire, dit le renard, vous êtes trop bon roi ; Vus scrupules font voir trop de délicatesse, Eh bien ! manger moutons , canaille, sotte espèce, Est-ce un péché ? Non, non. Vous leur fîtes, seigneur,

En les croquant, beaucoup d'honneur ;

Et quant au berger, l'on peut dire

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