‹ Fables (volume 2)Chapitre 42 sur 193 · LKS FEMMES ET LE SECRET · texte numérisé non relu

LKS FEMMES ET LE SECRET

Rien ne pèse tant qu'un secret:

Le porter loin est difficile aux dames ; Et je sais même sur ce fait Bon nombre d'hommes qui sout femmes.

Pour éprouver la sienne un mari s'écria,

La nuit, étant prés d'elle : O dieux! qu'est-ce cela ?

Je n'eu puis plus ! on me déchire !

Quoi .'j'accouche d'un œuf! — D'un œuf! — Oui, le voila Frais et nouveau pondu : gardez bien de le dire; Ou m'appelleroit poule. Enfin n'eu parlez pas.

La femme, neuve sur ce cas,

Ainsi que sur mainte autre affaire, Crut la chose, et promit ses grands dieux de se taire ;

Mais ce serment s'évanouit

Avec les ombres de la nuit.

L'épouse, indiscrète et peu fine, Sort du lit quand le jour fut à peine levé ;

Et de courir chez sa voisine :

Ma commère, dit-elle, un cas est arrive ; N'eu dites rien surtout, car vous me feriez battre : Mon mari vient de pondre un œufgros comme quatre!

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