LIVRE VII
Vous la renvoie à la campagne Chez ses parents. La voilà donc compagne De certaines Philis qui gardent les dindons,
Avec les gardeurs de cochons.
Au bout de quelque temps qu'un la crut adoucie. Le mari la reprend. Eh bien ! qu'avez-vous fait?
Comment passiez-vous votre vie?
L'innocence des champs est-elle votre fait?
Assez, dit-elle; mais ma peine Etoit de voir les gens plus paresseux qu'ici ;
Ils n'ont des troupeaux nul souci.
Je leur savois bien dire, et m'atfirois la haine
De tous ces gens si peu soigneux.
Eh! madame, reprit son époux tout à l'heure1,
Si votre esprit est si hargneux
Que le monde qui ne demeure Qu'un moment avec vous, et ne revient qu'au soii
Est déjà lassé de vous voir, Que feront des valets qui. toute la journée,
Vous verront contre eux déchaînée?
Et que pourra faire un époux Que vous voulez qui soit jour et nuit avec vous ! Retournez au village: adieu. Si de ma vie
Je vous rappelle, et qu'il m'en prenne envie, Puissé-je chez les morts avoir, pour mes péchés. Deux femmes comme vous sans cesse à mes côtés !
1 Sur-le- champ.
FABLE III