‹ Fables (volume 2)Chapitre 71 sur 193 · LIVRE NEUVIEME · texte numérisé non relu

LIVRE NEUVIEME

FABLE PREMIERE

LE DÉPOSITAIRE I>"FII)kr.F.

Grâce aux Filles de Mémoire, J'ai chanté des animaux; Peut-être d'autres héros M'auroieut acquis moins de gloire.

Le loup, en langue des dieux, Parle au chien dans mes ouvrages :

Les bêtes, à qui mieux mieux, Y fout divers personnages, Les uns fous, les autres sages ; De telle sorte pourtant Que les fous vont l'emportant:

La mesure en est plus pleine.

Je mets aussi sur la scène Des trompeurs, des scélérats, Des tyrans, et des ingrats, Mainte imprudente pécore, Force sots, force flatteurs; Je pourrois y joindre encore Des légions de menteurs:

4 l'Ai; M. S.

Tout homme ment, dit le sage.

S'il n'y mettait seulement

One \i< cens 'lu lias étage,

( > 1 1 pourroit aucunement

Souffrir ce défaut aux hommes ;

Mais que tous, tant que nous sommes,

.Nous mentions, grand et petit ,

Si quelque autre l'avoit dit,

Je soutiendrais le contraire.

Et même uni mentiroit

Comme Esope et comme Homère,

Un vrai menteur ne serait :

Le doux charme de maint songe

Par leur hel art inventé,

Sous les habits du mensonge

Nous offre la vérité.

L'un et l'autre a fait un livre

Que je tiens digne de vivre

Sans fin, et plus, s'il se peut.

Comme eux ne ment pas qui veut:

"Mais mentir c mime sut faire

Un certain dépositaire,

Payé par son propre mot,

Est d'un méchant et d'un sot.

Voici le fait :

lu trauVjuant de Perse, Chez sou voisin, s'en allant eu commerc. Mit en dépôt un cent de fer un jour.

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