‹ Fables (volume 2)Chapitre 74 sur 193 · LIVRE IX. 10'J · texte numérisé non relu

LIVRE IX. 10'J

Crut pour ce coup que ses malheurs

Finiroieut par cette aventure; Mais uu fripon d'enfant (cet âge est sans piiir Prit sa fronde, et d'un coup tua plus d'à moitié

La volatile malheureuse , Qui , maudissant sa curiosité ,

Traînant l'aile, et tirant le pied ,

Demi-morte , et demi-boiteuse .

Droit au logis s'en retourna :

Que bien, que mal, elle arriva

Sans autre aventure fâcheuse.

Voilà nos gens rejoints ; et je laisse à juger De combien de plaisirs ils payèrent leurs peines.

Amants, heureux amants, voulez-vous voyager?

Que ce soit aux rives prochaines.

Soyez-vous l'un à l'autre un monde toujours beau.

Toujours divers, toujours nouveau; Tenez-vous lieu de tout , comptez pour rien le reste. J'ai quelquefois aimé : je n'aurois pas alors,

Contre le Louvre et ses trésors , Contre le firmament et sa voûte céleste ,

Changé les bois , changé les lieux Honorés par les pas , éclairés par les yeux

De l'aimable et jeune bergère

Pour qui , sous le fils de Cythère , Je servis, engagé par mes premiers serments. Hélas ! quand reviendront de semblables moments!

Faut-il que tant d'objets si doux et si charmants Me laissent vivre au gré de mou ame inquiète! Ah! si mon cœur osait encor se renflammer! Ne sentirai-je })lns de charme qui m'arrête?

Ai-je passé le temps d'aimer?

FABLE III

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