‹ Fables (volume 4)Chapitre 63 sur 149 · LE CIERGE · texte numérisé non relu

LE CIERGE

C'est du séjour des dieux que les abeilles viennent. Les premières, dit-on, s'en allèrent loger

Au mont Hymette^ , et se gorger Des trésors qu'en ce lieu les zéphyrs entretiennent. Quand on eut des palais de ces filles du ciel Enlevé Tambrosie en leurs chambres enclose ,

Ou , pour dire en François la chose ,

Après que les ruches sans miel IN'eurent plus que la cire , on fit mainte bougie ;

Maint cierge aussi fut façonné.

\ n d'eux voyant la terre en brique au feu durcie

' Hyinette étolt une montajîne célébrée par les poètes, située dans rAttique, et où les Grecs recueilloieut d'excellent miel. [Note de La Fontaine.)

LIVUE iX. 127 Vaincre l'effort des ans, il eut la même envie : Kt, nouvel Kmpédocle ^ aux flammes condamné

Par sa propre et pure folie, 11 se lança dedans. Ce fut mal raisonné : Ce cierge ne savoit grain de philosophie.

Tout en tout est divers : ôtez-vous de l'esprit Qu'aucun être ait été composé sur le vôtre. L'Empédocle de cire au brasier se fondit: 11 n'étoit pas plus fou que l'autre.

FABLE XIII

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