LE CIERGE
C'est du séjour des dieux que les abeilles viennent. Les premières, dit-on, s'en allèrent loger
Au mont Hymette^ , et se gorger Des trésors qu'en ce lieu les zéphyrs entretiennent. Quand on eut des palais de ces filles du ciel Enlevé Tambrosie en leurs chambres enclose ,
Ou , pour dire en François la chose ,
Après que les ruches sans miel IN'eurent plus que la cire , on fit mainte bougie ;
Maint cierge aussi fut façonné.
\ n d'eux voyant la terre en brique au feu durcie
' Hyinette étolt une montajîne célébrée par les poètes, située dans rAttique, et où les Grecs recueilloieut d'excellent miel. [Note de La Fontaine.)
LIVUE iX. 127 Vaincre l'effort des ans, il eut la même envie : Kt, nouvel Kmpédocle ^ aux flammes condamné
Par sa propre et pure folie, 11 se lança dedans. Ce fut mal raisonné : Ce cierge ne savoit grain de philosophie.
Tout en tout est divers : ôtez-vous de l'esprit Qu'aucun être ait été composé sur le vôtre. L'Empédocle de cire au brasier se fondit: 11 n'étoit pas plus fou que l'autre.
FABLE XIII