LIVRE VU
Vous la renvoie à la campagne Chez ses parents. La voilà donc compagne De certaines Pliilis qui gardent les dindons,
Avec les gardcurs de cochons.
An bout de quelque temps qu'on la crut adoucie, Le mari la reprend. Eh bien! qu'avez-vous fait?
Comment passiez-vous votre vie?
L'innocence des champs est-elle votre fait?
Assez, dit-elle; mais ma peine Etoit de voir les gens plus paresseux qu'ici ;
Ils n'ont des troupeaux nul souci.
Je leur savois bien dire, et m'attirois la haine
De tous ces gens si peu soigneux.
Eh ! madame, reprit son époux tout à l'heure ^,
Si votre esprit est si hargneux
Que le monde qui ne demeure Qu'un moment avec vous, et ne revient qu'au soir.
Est déjà lassé de vous voir.
Que feront des valets qui, toute la journée.
Vous verront contre eux déchaînée?
Et que pourra faire un époux Que vous voulez qui soit jour et nuit avec vous ! Retournez au village: adieu. Si de ma vie
Je vous rappelle, et qu'il m'en prenne envie, Puissé-je chez les morts avoir, pour mes péchés, Deux femmes comme vous sans cesse à mes côlés !
ï Sur-le-champ.
AAAA VV\yN»/VA>>/VV%yVV\AA^vAA/W\/VV y\/WV\ "U^ AAAA'VVA/\A/\/V\\A/AAAAAA/V/\
FABLE III
LE RAT QUI s'est RETIRÉ DU MODE.
Les Levantins en leur lé(jende Disent qu'un certain rat, las des soins d'ici-bas,
Dans un fromage de Hollande
Se retira loin du tracas.
La solitude étoit profonde,
S'étendant partout à la ronde.
jNotre ermite nouveau subsistoit là-dedans.
Il fit tant, de pieds et de dents, Qu'eu peu de jours il eut au fond de rermita(}e Le vivre et le couvert : que faut-il davanta(îe ? Il devint gros et gras : Dieu prodigue ses biens
A ceux qui font vœu d'être siens.
Un jour, au dévot personnage
Des députés du peuple rat S'en vinrent demander quelque aumône légère :
Ils alloient eu terre étrangère Chercher quelque secours contre le peuple chat;
Ratopolis ' étoit bloquée :
On les avoit contraints de partir sans argent,
I yiot composé, qui signifie ville des rats.