LIVRE V. FABLE I
Qui \oulut en grosseur au bœuf se rendre égal. J'oppose (melquefois par une double image Le vice à la vertu, la sottise au bon sens,
Les agneaux aux loups ravissants, La mouche à la fourmi ; faisant de cet ouvrage Une ample comédie à cent actes divers,
Et dont la scène est l'uni vers.
Hommes, dieux, animaux, tout v fait quelque rôle. Jupiter comme un autre. Introduisons celui Qui porte de sa part aux belles la parole :
Ce n'est pas de cela qu'il s'agit aujourd'hui.
Un bûcheron perdit son gagne-pain.
C'est sa cognée ; et la cherchant en vain, Ce fut pitié là-dessus de Tentendre.
Il n'avait pas des outils à revendre :
Sur celui-ci roulait tout son avoir.
Ne sachant donc où mettre son espoir.
Sa face était de pleurs toute baignée :
ma cognée ! ô ma pauvre cognée !
S'écriail-il : Jupiter, rends-la-moi ; Je tiendrai l'être encore un coup de toi.
Sa plainte fut de l'Olympe entendue.
Mercure vient. Elle n'est pas perdue.
Lui dit ce dieu ; la connaitras-tu bien ?
Je crois l'avoir près d'ici rencontrée.
Lors une d'or à l'homme étant montrée, U répondit : Je n'y demande rien.
Une d'argent succède à la première ; Il la refuse. Enfin une de bois.
Voilà, dit-il, la mienne cette fois !
Je suis content si j'ai cette dernière.
Tu les auras, dit le dieu, toutes trois :
Ta bonne foi sera récompensée.
En ce cas-là je les prenclrai, dit-il.
L'histoire en est aussitôt dispersée ; Et boquillons *■ de perdre leur outil,
* Bûcherons.