JUPITER ET LE MÉTAYER
Jupiter eut jadis une ferme à donner.
Mercure en fît l'annonce et gens se présentèrent,
Firent des offres, écoutèrent :
Ce ne fut pas sans bien tourner ;
L'un alléguait que Théritage Était frayant^ et rude, et Tautre un autre si.
Pendant qu'ils marchandaient ainsi.
Un d'eux, le plus hardi, mais non pas le plus sage, Promit d'en rendre tant, pourvu que Jupiter
Le laissât disposer de l'air.
Lui donnât saison à sa guise, Qu'il eût du chaud, du froid, du beau temps, de la bisc^
Enfin du sec et du mouillé.
Aussitôt qu'il aurait bâillé.
Jupiter y consent. Contrat passé, notre homme Tran he du roi des airs, pleut, vente, et fait en somme Un chmrt pour lui seul : ses plus proches voisins Ne s'en sentaient non plus que les Américains. Ce fut leur avantage : ils eurent bonne année,
Pleine moisson, pleine vinée.
Monsieur le receveur fut très-mal partagé.
* Sorte de manteau.
* OccasioTinnit beaucoup de frais.