‹ FablesChapitre 132 sur 343 · LE COCHET*, LE CHAT ET LE SOURICEAU · texte numérisé non relu

LE COCHET*, LE CHAT ET LE SOURICEAU

Un souriceau tout jeune, et qui n'avait rien vu,

Fut presque pris au dépourvu.

Voici comme il conta l'aventure à sa mère :

J'avais franchi les monts qui bornent cet État,

Et trottais comme un jeune rat

Qui cherche à se donner cçirrière.

Lorsque deux animaux m'ont arrêté les yeux :

L'un doux, bénin et gracieux.

Et l'autre turbulent et plein d'inquiétude ;

Il a la voix perçante et rude.

Sur la tète un morceau de chair, Une sorte de bras dont il s'élève en l'air.

Gomme pour prendre sa volée,

La queue en panache étalée.

Or, c'était un cochet dont notre souriceau

Fit h sa mère le tableau l!omme d'un animal venu de l'Amérique ; ■1 se battait, dit-il, les flancs avec ses bras,

Faisant tel bruit et tel fracas, (Jue moi, qui grâce aux dieux de courage me pique.

En ai pris la fuite de peur,

Le maudissant de très-bon cœur.

* Jeune coq.

Page 1