LE LIÈVRE ET LA TORTUE
Rien ne sert de courir ; il faut partir à point; Le lièvre et la tortue en sont un témoignage. Gageons, dit celle-ci, que vous n'atteindrez point Sitôt que moi ce but. Sitôt! étes-vous sage?
Repartit l'animal léger :
Ma commère, il vous faut purger
Avec quatre grains d'ellébore ^
— Sage ou non, je parie encore.
Ainsi fut fait ; et de tous deux
On mit près du but les enjeux.
Savoir quoi, ce n'est pas Taflaire,
Ni de quel juge l'on convint. Notre lièvre n'avait que quatre pas à faire ; J'entends de ceux qu'il fait lorsque, près d'être atteint,. Il s'éloigne des chiens, les renvoie aux calendes.
Et leur fait arpenter les landes.
Ayant, dis-je, du temps de reste pour brouter,
Pour dormir, et pour écouter y où vient le vent, il laisse la tortue
Aller son train de sénateur.
Elle part, elle s'évertue ;
- Plante que les anciens croyaient propre à combattre la folie-