LIVRE VM. FABLE I
Peut-être il obtiendra la guérison commune.
L'histoire noue; apprend qu en de tels accidents
On fak d»pavetl& dévouements.
Ne nous flattons donc point ; voyons* sans indulgence
L'état de notre eonscience.
Pour moi, satisfaisant mes appétits joutons,
J'ai dévoré force Htoutons.
Que m'avaient-ils fait ? nulte offense ; Môme il m'est arrivé quelquefois de manger
Le berger.
Je me dévouerai donc, s'il le faut : mais je pense Qu'il est bon que chacun s'accuse ainsi que moi ; Car on doit souhaiter, selon toute justice.
Que le plus coupable périsse.
Sire, dit le renard, vous êtes trop bon roi ; Vos scrupules font voir votre délicatesse.
Ëh bien ! manger mo\Uo93y. canaille, sotte espèce. Est-ce un péché? Non, non. Vous leur fîtes, seigneur.
En les croquant, beaucoup d'honneur ;
Et quant au berger, l'on peut dire
Qu'il était digne de tous maux.
Étant de ces gens-là qui sur les animaux
Se font un chimérique empire.
Ainsi dit le renard ; et flatteurs d'applaudir.
On n'osa trop approfondir Du tigre, ni de Tours, ni des autres puissances.
Les moins pardonnables offenses :
Tous les gens querelleurs, jusqu'aux simples mâtins. Au dire de chacun étaient de petits saints.
L'âne vint à son tour, et dit : J'ai souvenance
Qu'en un pré de moines passant, La faim, l'occasion, l'herbe tendre, et, je pense,
Quelque diable aussi me poussant.
Je tondis de ce pré la largeur de ma langue ; Je n'en avais nul droit, puisqu'il faut pailer net. A ces mots, on cria haro sur le baudet.
Un loup quelque peu clerc prouva par sa harangue Qu'il fallait dévouer ce maudit animal,