‹ FablesChapitre 157 sur 343 · LIVRE VM. FABLE I · texte numérisé non relu

LIVRE VM. FABLE I

Peut-être il obtiendra la guérison commune.

L'histoire noue; apprend qu en de tels accidents

On fak d»pavetl& dévouements.

Ne nous flattons donc point ; voyons* sans indulgence

L'état de notre eonscience.

Pour moi, satisfaisant mes appétits joutons,

J'ai dévoré force Htoutons.

Que m'avaient-ils fait ? nulte offense ; Môme il m'est arrivé quelquefois de manger

Le berger.

Je me dévouerai donc, s'il le faut : mais je pense Qu'il est bon que chacun s'accuse ainsi que moi ; Car on doit souhaiter, selon toute justice.

Que le plus coupable périsse.

Sire, dit le renard, vous êtes trop bon roi ; Vos scrupules font voir votre délicatesse.

Ëh bien ! manger mo\Uo93y. canaille, sotte espèce. Est-ce un péché? Non, non. Vous leur fîtes, seigneur.

En les croquant, beaucoup d'honneur ;

Et quant au berger, l'on peut dire

Qu'il était digne de tous maux.

Étant de ces gens-là qui sur les animaux

Se font un chimérique empire.

Ainsi dit le renard ; et flatteurs d'applaudir.

On n'osa trop approfondir Du tigre, ni de Tours, ni des autres puissances.

Les moins pardonnables offenses :

Tous les gens querelleurs, jusqu'aux simples mâtins. Au dire de chacun étaient de petits saints.

L'âne vint à son tour, et dit : J'ai souvenance

Qu'en un pré de moines passant, La faim, l'occasion, l'herbe tendre, et, je pense,

Quelque diable aussi me poussant.

Je tondis de ce pré la largeur de ma langue ; Je n'en avais nul droit, puisqu'il faut pailer net. A ces mots, on cria haro sur le baudet.

Un loup quelque peu clerc prouva par sa harangue Qu'il fallait dévouer ce maudit animal,

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