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LIVRE VU. FABLE XVIII. Î

Y peut-elle être ? Non. D'où vient donc cet objet? Quelques lieux inégaux font de loin cet effet. La lune nulle part n'a sa surface unie :

Montueuse en des lieux, en d'autres aplanie.

L'ombre avec la lumière y peut tracer souvent

Un homme, un bœuf, un éléphant.

Naguère TAngleterre y vit chose pareille.

La lunette placée, un animal nouveau Parut dans cet astre si beau ; Et chacun de crier merveille.

Il était arrivé là-haut un changement Qui présageait sans doute un grand événement. Savait-on si la guerre entre tant de puissances N'en était point l'effet? Le monarcjue accourut : Il favorise en roi ces hautes connaissances.

Le monstre dans la lune à son tour lui parut. C'était une souris cachée entre les verres :

Dans la lunette était la source de ces guerres. On en rit. Peuple heureux ! quand pourront les François Se donner, comme vous, entiers à ces emplois ! Mars nous fait recueillir d'amples moissons de gloire : C'est à nos ennemis de craindre les combats, Â nous de les chercher, certains que la Victoire, Amante de Lbuis, suivra partout ses pas.

Ses lauriers nous rendront célèbres dans l'histoire.

Même les filles de Mémoire Ne nous ont point quittés ; nous goûtons des plaisirs ; La paix £ait nos souhaits, et non point nos soupirs. Charles^ en sait jouir : il saurait dans la guerre Signaler sa valeur, et mener l'Angleterre A ces ieux qu'en repos elle voit aujourd'hui. Cependant s il pouvait apaiser la querelle, Que d'encens ! Est-il rien de plus digne de lui? La carrière d'Auguste a-t-elle été moins belle Que les fameux exploits du premier des Césars? peuple trop heureux ! quand la paix viendra-t-elle Nous rendre, comme vous, tout entier aux beaux-arts? * Charles 11, roi d'Angleter»-^

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