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LES POISSONS ET LE BERQER QUI JOUE DE LA FLUTC

Tircis, qui pour la seule Annette

Faisait résonner les accords

D'une voix et d'une musette

Capables de toucher les morts.

Chantait un jour le long des bords

D'une onde arrosant des prairies Dont Zéphyr habitait les campagnes fleuries.

Annette cependant à la ligne péchait;

Mais nul poisson ne s'approchait :

La bergère perdait ses peines.

Le bercer, qui par ses chansons

Eût attiré des inhumaines. Crut, et crut mal, attirer des poissons.

Il leur chanta ceci : Citoyens de cette onde, Laissez votre Naïade en sa grotte profonde; Venez voir un objet mille (ois plus charmant. Ne craignez point d'entrer aux prisons de la Belle :

Ce n'est qu'à nous qu'elle est cruelle.

Vous serez traités doucement;

On n'en veut point à votre vie :

Un vivier vous attend, plus clair que fin cristal;

LIVi:£ X. FABLE X.II. oOo

Et, quand à quelque^uns l'appât serait fatal, Mourir des mains d'Annette est un sort que j'envie. Ce discours éloquent ne lit pas grand eftet; F/nuditoire était sourd aussi bien que muet : Tircis eut beau prêcher. Ses paroles miellées

S'en étant au vent envolées, Il tendit un long rets. Voilà les poissons pris, Voilà les poissons mis aux pieds de la bergère.

vous, pasteurs d'humains et non pas de brebis, ï\ois qui croyez gagner par raison les esprits

D'une multitude étrangère, \'.c n'est jamais par là que l'on en vient à bout !

11 y faut une autre manière :

Servez-vous de vos rets ; la puissance fait tout.

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