‹ FablesChapitre 285 sur 343 · LIVRE XI. FABLE VH · texte numérisé non relu

LIVRE XI. FABLE VH

Sou m '^ personnage en raccourci.

inenron nourrissait une Larbe touffue,' f^epr ' ^"*®.*3 personne yelue Sous f ^®'*^'* "n ours, mais un ours mal léché :

Le re&^?^^^'^^ ^P^'^ ^^ ^^^*"* ^'^^^ ^^^^^^^

5^'*a de travers, nez tortu, grosse lèvre,

J>rtait sayon de poil de chèvre

Cet hn ^^^'^^ure de joncs marins.

Que la^^V® a^nsi bâti fut député des villes

Q,® |e Danube. Il n'était point d'asiles

\e pén*^* ^'^vnrice des Romains

Le dénw '^^ ^^^''^ ^^ "® portât les mains.

'»ornain vint donc, et fit cette harangue :

Je Sun !•' ^^ vous, sénat, assis pour m'écouter,

^euilJp avant tout les dieux de m' assister :

Que \^^^ ^es immortels, conducteurs de ma langue,

^ans jl^® <Jise rien qui doive être repris!

n ^ aide, il ne peut entrer dans les esprits Faute H>^ tout mal et toute injustice :

témoin ^ ï-ecourir, on viole leurs lois.

W^ *^^us, Que punit la romaine avance :

1??^ par nos forfaits plus que par ses exploits, CK^'^strumentde notre supphce.

X ^^«ïïex, Ro'" in«; crai/?nez que le ciel quelque our

L^^^Cenn^^^^ par un juste retour,

'^^^do^sel^rt sa vengeance sévère, ^luevousfassc, en sa colère,

Kos esclaves à ^otrej ^^^ ^. ^^^^ , ^^^.^^ ^^ ^,^ Jt pourquoi sommes-no ^ peuples divers.

î^^qttoiyous valez ^^f'Z maigres de r univers? Qttcl âroit vous a ren^u ^^ innocente vie ?

Pourquoi venir troubl^|^ ^'heureux channps, et nos mains A'otts cultivions en P^\^ -linsi q«'a" labourage. Gîtaient propres aux ^^ 'sbU^ Germains^

OuWvous ^PPr\% coixrBge .

Us ont l'adresse f'-^^ité.

S'ils avaient en 1 ^^

3tt UVBE XI. FABLE VU.

Comme tous, et la violence, ?eut-étre en votre place ils auraient la puissance» Et sauraient en user sans inhumanité.

Celle aue vos préteurs ont sur nous exercée

IS'entre qu'à peine en la pensée.

La majesté de vos autels

Elle-même en est offensée ;

Car sachez que les inuaortels Ont les regards sur nous. Grâces à vas exemples. Ils n'ont devant les yeux que des objets d'horreur.

De mépris d'eux et de leurs temples.

D'avarice qui va jusques à la fureur.

Rien ne suffit aux gens <)ui nous viennent de Rome :

La terre et le travail de l'homme Font, pour les assouvir, des efforts superflus.

Retirez-les : on œ veut plus

Cultiver pour eux les campagnes.

Nous quittons les cités, nous fuyons aux montagnes

Nous laissons nos chères compagnes ; Nous ne conversons * plus qu'avec des ours aCfreux, Découragés de mettre au jour des malheureux, Et de neupler pour elle un pays qu'elle opprime.

Quant à nos enfants déjà nés, Nous souhaitons de voir leurs jours bientôt bornés : Vos préteurs au malheur nous font joindre le crime. Retirez-les : ils ne nous apprendront

Que la mollesse et que le vice ;

Les Germains comme eux deviendront

Gens de rapine et d'avarice.

C'est tout ce que j'ai vu dans Rome à mon abord.

N'a-t-on point de présent à faire, Point de pourpre à donner ; c'est en vain qu'on espèi'e Quelque refuge aux lois : encor leur ministère A-t-il mille longueurs. Ce discours un peu fort

Doit commenœr à vous déplaire.

Je finis. Punissez de mort

Une plainte un peu trop sincère.

'Nous n'habitons plus.

LITRE XI. FABLt' Vin. 387

A ces mots, il se couche ; et chacun étonné Admire le grand cœur, le bon sens, l'éloquence,

Du sauvage ainsi prosterné. '

On le créa patrice ; et ce fut la vengeance Qu'on crut qu'un tel discours méritait. On choisit

D'autres préteurs ; et par écrit Le sénat demanda ce qu'avait dit cet homme, Pour servir de modèle aux parleurs à venir.

On ne sut pas longtemps à Rome

Cette éloquence entretenir.

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